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21 lignes de tramway : l’histoire du réseau de tramway de Lille autrefois dense

Entre les premières lignes en 1874 et aujourd’hui, le réseau de tramway de Lille a beaucoup évolué. Entre développement jusqu’aux années 1930 et déclin avec l’arrivée de la voiture, retour sur l’histoire du réseau de tramway lillois et de sa ligne historique Lille – Roubaix – Tourcoing.

Par Florian GAVOILLE
Le 01 août 2026 à 15:00

Premier terminus de la branche Tourcoing devant l'église. Photo : Smiley.toerist / Wikimédia - https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/34/Tram_Tourcoing_6.jpg

De nombreux projets de tramway étaient proposés à la ville de Lille tout au long du XIXe siècle. Néanmoins, aucun d’eux n’a été accepté avant la proposition de l’ingénieur Léon Marsillon en 1873. Ce projet massif prévoyait la mise en place de 12 lignes de tramway hippomobile (donc avec un matériel roulant tracté par des chevaux) au coeur de Lille et dans les villes alentours.

Les premières lignes entre 1874 et 1877

Simon Philippart, financier belge, bénéficie de la concession de la ville de Lille pour la construction et la gestion du réseau de tramway en 1873. Avec l’aide de Léon Marsillon, qu’il nommera directeur, il fonde la compagnie des Tramways du Nord (TN) et inaugure les deux premières lignes de tramway reliant la gare de Lille à la porte de Béthune, via la rue nationale (Ligne A) et via la rue Notre Dame (ligne B) en 1874.

En 1875, la TN est très affaiblie économiquement et met fin à son activité pour laisser place à la compagnie des Tramways du département du Nord (TDN). La même année, deux lignes sont inaugurées pour lier la gare de Lille à la porte d’Arras (ligne C) et la porte des postes (ligne D).

En 1876, les lignes E, F et G sont inaugurées et permettent de lier la gare de Lille à la porte de Douai et au dépôt de la compagnie à Fives ainsi que de relier la Grand Place à la rue du Faubourg de Roubaix.

Archive d’une carte postale montrant le tramway devant la gare de Lille.

L’année 1877 achève ces trois années de développement intense avec l’ouverture de trois lignes suburbaines reliant la gare de Lille à Haubourdin (ligne H), Canteleu (ligne I) et Marcq-en-Barœul (ligne J). La même année, la TDN obtient un accord pour fusionner le réseau suburbain au réseau déjà existant, permettant la prolongation de la ligne F jusqu’à la Grand Place de Roubaix et de la ligne G jusqu’à la Mairie d’Hellemmes.

Évolution du matériel roulant

Entre 1876 et 1880, du matériel roulant à vapeur est expérimenté sur la ligne F pour progressivement abandonner la traction par chevaux, devenue coûteuse au fil des années. Plusieurs prototypes sont testés et ce sera finalement des locomotives sans foyer du système Francq qui seront maintenues puis déployées sur la ligne J en 1888.

Carte postale affichant la Grand Place de Lille avec un tramway tracté par une locomotive à vapeur. Le texte affiche : « Cher Camarade, Vous sachant collectionneur je vous envoie une gentille vue de Lille. A bientôt »

Après un changement de raison sociale et de nom pour la Compagnie des tramways électriques de Lille et sa banlieue (TELB) en 1901, le réseau est progressivement électrifié entre 1902 et 1904 pour totalement abandonner les tractions par chevaux et à vapeur. Depuis ce jour et encore aujourd’hui, le matériel roulant sera exclusivement électrique.

Déclin du tramway mondial

Le développement de l’automobile et du transport individuel va très rapidement impacter négativement le développement du tramway. A partir de 1930, moment où le réseau était à son apogée avec 21 lignes de tramway actives, et jusqu’en 1966, le tramway est de moins en moins subventionné par l’État et l’image des tramways vieillissants s’empare des voyageurs. Ainsi, presque toutes les lignes du réseau de tramway est progressivement abandonné pour laisser place à l’autobus, ce dernier étant mieux subventionné.

Plan de Lille et du tramway en 1930 à l’apogée du réseau. Photo : Archives gallica / https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8458927p/f1.highres

Ces fermetures ne sont pas propres à Lille : presque l’ensemble du territoire métropolitain abandonne son réseau tramway entre les années 30 et les années 60. C’est seulement en 1973 avec le choc pétrolier que le tramway ainsi que le métro se développeront à nouveau avec du matériel plus moderne.

Malgré toutes les fermetures, quelques lignes résistent, notamment deux à Lille. En effet, les lignes reliant Lille à Roubaix et Tourcoing sont sauvegardées et font partie aujourd’hui des lignes de tramway les plus anciennes encore en service.

Évolution animée du réseau de transport lourd lillois entre 1870 et 2020. Photo : Wikimédia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Railway_map_of_France_-_Lille_-_animated_-_fr.gif

Le « Mongy » résiste et reste en service

Aussi appelé le tramway du Grand Boulevard, le tracé du « Mongy » a très peu évolué entre son ouverture en 1909 et aujourd’hui. Les terminus, quant à eux, ont changé d’emplacement à plusieurs reprises de chaque côté de chaque branche.

A Lille, le terminus se faisait initialement au boulevard Carnot. Il a ensuite évolué en terminus en boucle en 1912 en passant par la place du théâtre. Il sera déplacé tout autre part en 1983 au niveau -2 de la gare Lille Flandres pour faire la correspondance avec le métro en développement pendant cette période. Pour finir, avec l’arrivée de la ligne 2 du métro, il est déplacé au niveau -1 pour laisser place au tunnel de la nouvelle ligne en 1994.

Tramway au terminus -2 entre 1983 et 1994. Photo : Smiley.toerist / Wikimédia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tram_Lille_tcc_2.jpg

Dans un premier temps, la branche Roubaix finissait sa course à la Place de la Liberté. Elle évolue en 1954 avec un terminus en boucle, à l’instar du terminus de Lille en 1912, en s’arrêtant à Roubaix Grand Place. C’est finalement un terminus avec rebroussement qui sera conservé à Eurotéléport, abandonnant la desserte de Roubaix Grand Place, en 1994.

L’autre branche du tramway avait, à son inauguration, un terminus en boucle passant par Tourcoing Grand Place. L’arrêt est déplacé en 1982 et la boucle est supprimée pour un terminus classique à rebroussement. La dernière évolution a lieu en 1994 avec la suppression des arrêts Tourcoing Grand Place et Tourcoing CH-Dron, le déplacement de l’arrêt Victoire, terminus temporaire jusqu’en 1997 avec l’extension jusque Tourcoing Centre, encore aujourd’hui extrémité de cette branche.

Le futur du tramway lillois

Du nouveau matériel roulant construit par Alstom doit être livré pour l’automne 2026 avec une mise en circulation progressive jusque fin 2027. Ces nouvelles rames, plus modernes, incarnent le style de la nouveauté de la même façon que les nouvelles rames de la ligne 1 du métro.

Modernisation du tramway : les essais nocturnes des nouvelles rames ont commencé

En plus de cette évolution, des nouvelles lignes, très controversées, sont actuellement en projet avec la création de nouvelle liaisons et l’extension des actuelles. Il s’agit du projet Extramobile que nous avons déjà développé dans d’autres articles.

L'histoire du réseau lillois

Florian GAVOILLE

Florian GAVOILLE

Étudiant en BUT Informatique à l'université de Lille, passionné des transports en commun et rédacteur bénévole chez MobiLille depuis juillet 2025

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